9.1.2. L'occupation, l'idéal de vie

Notre deuxième postulat énonce qu'une personne qui ne s'occupe pas ou qui n'a pas un certain idéal de vie risque d'être atteinte de détresse et même de pensées suicidaires.

En 1996, Francine Dubois (1996) peut affirmer être en partie prémunie contre la maladie mentale. Elle se tient occupée et, grâce à des parents conciliants, elle réussit à renouer les fils d'une trame décousue. Pour ce qui est de Jean Doyon (1988), il a rédigé le témoignage d'une dame qui s'en sort grâce au féminisme. Cette «passion qui l'anime» lui semble être «de petites étoiles que l'on voit frémir par un beau soir d'été». Quant à André Daigle (1999), il est demeuré inactif pendant plus de cinq ans.

Aujourd'hui, écrit-il, je suis prêt à passer à autre chose. J'ai envie d'avoir un travail régulier, de gagner ma vie, d'en avoir une normale». Ghislain Malo (1999, op. cit.) dont nous avons déjà parlé a souffert au point d'être venu bien près du meurtre. Il témoigne qu'il a trouvé un sens à sa vie : son intérêt pour l'art, en particulier l'art littéraire et l'art cinématographique. D'ailleurs il a débuté des études en cinéma.

Margot Lamarche (1994, op. cit.) retient encore notre attention. Sa passion pour l'enseignement de la musique lui a permis de traverser «des heures magiques». Elle a aussi beaucoup aimé l'écriture qui lui «permet de cibler et d'atteindre, parfois avec bonheur, une dimension qui n'est que beauté, pureté, grâce et luminescence.» Un fait nous semble important, sinon crucial ; il faut avoir un but. Margot Lamarche nous montre qu'avec le piano, la musique et la poésie, elle a su se donner des remparts solides contre la détresse.

Vivre avec un but peut nous sauver. Toutefois, il s'en trouve pour affirmer, et ils ont aussi raison, au moins partiellement, que vivre au jour le jour est thérapeutique. C'est possible, car les symptômes de la maladie mentale peuvent s'atténuer. Cela se fait progressivement. Pour une personne souffrant de maladie mentale, il s'agira parfois de réussir une journée à la fois, sans trop penser au lendemain.