CHAPITRE VIII
MÉTHODOLOGIE HERMÉNEUTIQUE
Maintenant, nous allons nous doter d'un cadre afin de déterminer comment et quels documents seront étudiés dans les chapitres IX et X. Nous aurons donc convenu d'une méthode d'interprétation, ou de réinterprétation, ayant constaté qu'à l'origine le problème en était un d'interprétation. En effet, c'est de la réinterprétation dans l'optique conceptuelle de la thèse de la réclusion que dépendent nos découvertes. Cette méthode, c'est l'herméneutique, qui nous fournira une technique exégétique d'analyse. Nous l'adapterons pour l'appliquer spécifiquement à la maladie mentale, à la réclusion.
Les chapitres qui ont précédé celui-ci devraient nous avoir fournis assez d'information sur notre sujet et sur les conditions qui l'entourent pour nous risquer à situer son témoignage dans le cadre de sa quête d'être. Nous pourrons donc l'interpréter d'une manière particulière dont nous dirons qu'elle est exégétique. Comme nous le verrons avec Paul Ricur, l'exégèse consiste à interpréter ontologiquement une communication par rapport à un arrière-plan qui concerne la quête d'être et la reconnaissance, comme chez Hegel.
Cette dynamique entre avant et arrière-plan est symbolique. Pour comprendre le vécu psychiatrique, celui de la réclusion exprimé par les personnes qui en souffrent, nous devons l'apprécier symboliquement, soit par rapport à un arrière-plan. Cette parole concerne souvent la spiritualité (Lemieux, 1988) parce que, avons-nous démontré, on ne lui accorde que le statut de symptôme. N'étant pas un discours, elle n'a pas de valeur aux yeux de l'ordre des discours.